Merci à Nanou et Max pour leur passage aux Blancs Manteaux et leurs photos ...
Bonne année créative à tous.
Merci à Nanou et Max pour leur passage aux Blancs Manteaux et leurs photos ...
Bonne année créative à tous.
NOUS SERONS SEREINS,
CETTE NUIT-LA ENCORE
Et parfois encore, nous devons l'admettre, nous ne serons pas vus tels que nous croyons être, en vérité, tels que nous aurions tant voulu qu'on nous aime. Se contenter du regard des
autres et ne plus espérer, cesser de prétendre à notre vérité, notre vérité, ce sont les autres qui nous l'accordent, notre vérité, elle restera secrète, tant pis, tant mieux, nous ne
pourrons plus la dire.
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Renoncer au naturel, ces choses là, le naturel, les idées crétines de la fausse modernité, cette obligation qu'on croit pouvoir nous faire, tout dire, se raconter tous les matins, se répandre
et s'étaler partout, exposer ses petits riens et vouloir croire qu'il s'agit de notre âme, ce qu'il en reste. Non. Renoncer, garder pour soi, être sur sa réserve, ne donner qu'en toute
connaissance.
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N'avouer que les vrais secrets, juste dire l'essentiel, et pas toujours tristes nos secrets. N'avouer qu'une fois, la première, et ne plus répéter, se complaire, pas compris, mal entendu,
dommage et tant pis, ne pas ressasser, en faire petit commerce. Tricher en silence, mentir avec courtoisie et ne s'abandonner aux confidences qu'auprès des vraies belles personnes, celles-là
douces et généreuses.
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Aller notre chemin, être désirés pour de mauvaises raisons, pardonnés aujourd'hui pour d'anciens souvenirs heureux ou encore, ce sera bien aussi, être détestés pour quelques malentendus
imbéciles. Ne rien démentir, jamais.
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Ne plus avoir peur, ou faire semblant, et devant tant de faux-semblants, finir par gagner l'apaisement nécessaire, ou tenter au moins de fuir la peur de la peur, éliminer juste celle-là, ne
plus se laisser faire noyer ses démons, garder le sourire.
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Être arrogant, pourquoi non ? Dernière tentative pour relever l'échine, garder le corps droit, la tête haute. Être solides ou vivants, la même chose. Debout, ne plus avoir honte par avance, se condamner à priori, renoncer aux voyages en groupe, en bande, tribu, corporations diverses et autocars consensuels. Ne pas être assistés.
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Ne pas craindre de se perdre, s’égarer, mais s’égarer solitaire, chercher sa route en se haïssant soi-même, peut-être, cela ne vaudra-t-il pas mieux que d’atteindre le fameux but, la réussite, tout ça, avec les autres ? Arriver en retard, fourbu, la nuit tombée, mais arriver par sa propre et orgueilleuse volonté. Fuir les soirées d’étape, les cérémonies finales, les enterrements, la remise des prix et les feux de camp. Se perdre, être perdu, on se retrouvera bien.
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Choisir ses amis, admettre ses dégoûts, revendiquer sa propre intolérance. Ne pas aimer tout et tout le monde et aimer mieux, de fait, nos préférés. Avoir quelques inimitiés indiscutables et des tendresses inavouées. Ne pas toujours dire notre amour, ne pas en être capables, ou trop compliqué, ou trop risqué, oui, pas doués, mais, par contre, plus facile et pourtant rarement saisi, s'offrir ce petit luxe d'affirmer quelques hargnes de temps à autre.
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Nous seront amoureux, évidemment, le moins qu'on puisse. Et pas toujours en silence, pénibles et envahissants, et indignes, c'est bien et pas toujours mélancoliques et pas toujours fidèles et purs et pas toujours, je ne sais plus, mais amoureux, ça oui !
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Parfois, encore, nous serons des guerriers, nous aurions tant voulu, nous irons notre route ainsi, rien
ne nous arrêtera, ce que nous croyons. Des guerriers, oui et lorsque la tristesse nous prendra, lorsque
nous serons seuls sans combat à conduire, nos ennemis enfuis, ou lorsque nous aurons perdu la
bataille, nous serons à nouveau des enfants, enfants égarés ou enfants tristes, ne sachant plus à qui se vouer, regrettant qu'on ne se soucie plus de nous, livrés à nous-mêmes.
Racontant cela plus tard, inventant de nouveaux épisodes aussi, nous redistribuant les rôles, arrivés
enfin, nous serons dandys, désinvoltes, naturellement, nous prétendrons n'avoir aucun souci et n'en
avoir jamais eu, souriant calmement de nos échecs et restant silencieux au souvenir de nos victoires.
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Et chanter dans le noir, et marcher à pas lents, revenir, chuchoter des histoires drôles et de temps à autre, pour se maintenir en forme, pousser quelques hurlements salutaires. Réveiller les endormis.
Eclater de rire pour les mêmes âneries que la dernière fois, les blagues, nous en rions parce que justement, nous les connaissons déjà. Entonner notre refrain -nous sommes dans les rues désertes, après le spectacle, on cherche l'hôtel- et parfois encore, épuisés ou juste mélancoliques, abandonnés et un peu ivres, aller toute la troupe en silence, sans se tenir la main, "nous, les héros". Nous serons sereins, cette nuit-là encore.
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