Lundi 29 octobre 2007
Un peu de polémique
On note deux tendances motrices dans l’art contemporain. La première est caractérisée par l’indifférence, le scepticisme, le nombrilisme. La deuxième se sent concernée ou responsable du monde extérieur mais sa faiblesse réside dans son apathie.
Mais avant de s’enfoncer dans le bilan scabreux et pathétique de la créativité actuelle il faudrait d’abord commencer par définir ce que nous entendons par tendance.
La forme :
Dans certaines limites, elle se développe conformément à ses propres lois, comme toute autre technique. Chaque nouvelle école artistique, quand elle est réellement une école et non une greffe arbitraire, procède de tout le développement antérieur, de la technique déjà existante, des mots et des couleurs, et s’éloigne des rives connues pour de nouveaux voyages et de nouvelles conquêtes.
Le sujet :
Complexe vivant de sentiments et d’idées déterminées communs à une société et une époque donnée qui cherchent leur expression.
Autant pour la forme que pour le sujet, l’évolution des tendances se répète de la même manière dans l’histoire de l’art. C’est-à-dire, l’évolution est dialectique en ceci que la tendance artistique nouvelle nie la précédente.
Comment ? Certains sentiments et certaines pensées se sentent à l’étroit dans le cadre des vieilles méthodes. En même temps les inspirations nouvelles trouvent dans l’art ancien déjà cristallisé quelques éléments qui, par un développement ultérieur, sont susceptibles de leur donner l’expression nécessaire ; le drapeau de la révolte est levé contre le « vieux » dans son ensemble, au nom de certains éléments susceptibles d’être développé.
Chaque école artistique est potentiellement contenue dans le passé et chacune se développe par une rupture hostile avec le passé. Le rapport réciproque entre la forme et le contenu est déterminé par la nouvelle forme, découverte, proclamée et développé sous la pression d’une nécessité intérieure, d’une demande psychologique collective qui, comme toute la psychologie humaine, a des racines sociales.
D’où la dualité de toute tendance artistique, elle ajoute quelque chose à la technique de l’art, élevant ou abaissant le niveau de l’art ; d’autre part, sous sa forme historique concrète, elle exprime des exigences définies, qui en dernière analyse, sont des exigences de classe.
Si l’art est un langage qui permet d’exprimer certaines exigences de l’esprit collectif ou plus globalement des sentiments communs d’une société par ses moyens d’expression propres ; on peut alors se demander quels sont ces sentiments ? (ou ces sentiments de classe ?)
Et si nous observons qu’il y a deux tendances générale dans l’art contemporain c’est parce qu’il existe aussi deux tendances générales dans les sentiments communs produits par notre société.
Quels sont–ils ? Le sentiment contemporain ambiant majoritaire c’est l’expression de la fuite devant la réalité par la construction d’un au-delà, la complaisance dans la rêverie toute-puissante, la contemplation et la passivité. L’autre sentiment s’exprime par un début de contestation ou de prise de conscience des chaînes ou des entraves par lesquelles la créativité est muselée.
Ces deux tendances l’une pessimiste et conservatrice et l’autre critique mais en l’état de sortie d’un profond sommeil ne s’opposent pas de manière équilibrée.
La première est majoritaire tout comme l’idéologie ambiante actuelle. Conservatrice voire réactionnaire. La deuxième a du mal à se réveiller et lorsqu’elle s’exprime elle se rend compte qu’elle ne sait pas parler ou bien elle reste très confuse et incompréhensible ou enfin elle se trouve tous les défauts pour justifier son apathie. Sans but déterminé, sans cohésion, sans action concertée, elle perd son temps à se questionner alors que le réveil a déjà sonné et qu’il est temps, comme l’ont fait nos maîtres de l’ancienne avant-garde, de jeter les bases du renouveau.
Voilà le drame de l’art contemporain : un état végétatif et contemplatif sans aucune tendance nouvelle qui lui conteste sa légitimité officiellement reconnue.
En d’autre terme, la majeure partie des artistes contemporains expriment la vulgarité individualiste et nombriliste de notre société avec toute l’insignifiance de leur ego.
Espérons qu’il puisse un de ces quatre matins sonner le réveil de la réalité pour que s’éveille une conscience nouvelle du monde et de l’art.
Le 19 octobre 2007, Rémy Bazzali
On note deux tendances motrices dans l’art contemporain. La première est caractérisée par l’indifférence, le scepticisme, le nombrilisme. La deuxième se sent concernée ou responsable du monde extérieur mais sa faiblesse réside dans son apathie.
Mais avant de s’enfoncer dans le bilan scabreux et pathétique de la créativité actuelle il faudrait d’abord commencer par définir ce que nous entendons par tendance.
La forme :
Dans certaines limites, elle se développe conformément à ses propres lois, comme toute autre technique. Chaque nouvelle école artistique, quand elle est réellement une école et non une greffe arbitraire, procède de tout le développement antérieur, de la technique déjà existante, des mots et des couleurs, et s’éloigne des rives connues pour de nouveaux voyages et de nouvelles conquêtes.
Le sujet :
Complexe vivant de sentiments et d’idées déterminées communs à une société et une époque donnée qui cherchent leur expression.
Autant pour la forme que pour le sujet, l’évolution des tendances se répète de la même manière dans l’histoire de l’art. C’est-à-dire, l’évolution est dialectique en ceci que la tendance artistique nouvelle nie la précédente.
Comment ? Certains sentiments et certaines pensées se sentent à l’étroit dans le cadre des vieilles méthodes. En même temps les inspirations nouvelles trouvent dans l’art ancien déjà cristallisé quelques éléments qui, par un développement ultérieur, sont susceptibles de leur donner l’expression nécessaire ; le drapeau de la révolte est levé contre le « vieux » dans son ensemble, au nom de certains éléments susceptibles d’être développé.
Chaque école artistique est potentiellement contenue dans le passé et chacune se développe par une rupture hostile avec le passé. Le rapport réciproque entre la forme et le contenu est déterminé par la nouvelle forme, découverte, proclamée et développé sous la pression d’une nécessité intérieure, d’une demande psychologique collective qui, comme toute la psychologie humaine, a des racines sociales.
D’où la dualité de toute tendance artistique, elle ajoute quelque chose à la technique de l’art, élevant ou abaissant le niveau de l’art ; d’autre part, sous sa forme historique concrète, elle exprime des exigences définies, qui en dernière analyse, sont des exigences de classe.
Si l’art est un langage qui permet d’exprimer certaines exigences de l’esprit collectif ou plus globalement des sentiments communs d’une société par ses moyens d’expression propres ; on peut alors se demander quels sont ces sentiments ? (ou ces sentiments de classe ?)
Et si nous observons qu’il y a deux tendances générale dans l’art contemporain c’est parce qu’il existe aussi deux tendances générales dans les sentiments communs produits par notre société.
Quels sont–ils ? Le sentiment contemporain ambiant majoritaire c’est l’expression de la fuite devant la réalité par la construction d’un au-delà, la complaisance dans la rêverie toute-puissante, la contemplation et la passivité. L’autre sentiment s’exprime par un début de contestation ou de prise de conscience des chaînes ou des entraves par lesquelles la créativité est muselée.
Ces deux tendances l’une pessimiste et conservatrice et l’autre critique mais en l’état de sortie d’un profond sommeil ne s’opposent pas de manière équilibrée.
La première est majoritaire tout comme l’idéologie ambiante actuelle. Conservatrice voire réactionnaire. La deuxième a du mal à se réveiller et lorsqu’elle s’exprime elle se rend compte qu’elle ne sait pas parler ou bien elle reste très confuse et incompréhensible ou enfin elle se trouve tous les défauts pour justifier son apathie. Sans but déterminé, sans cohésion, sans action concertée, elle perd son temps à se questionner alors que le réveil a déjà sonné et qu’il est temps, comme l’ont fait nos maîtres de l’ancienne avant-garde, de jeter les bases du renouveau.
Voilà le drame de l’art contemporain : un état végétatif et contemplatif sans aucune tendance nouvelle qui lui conteste sa légitimité officiellement reconnue.
En d’autre terme, la majeure partie des artistes contemporains expriment la vulgarité individualiste et nombriliste de notre société avec toute l’insignifiance de leur ego.
Espérons qu’il puisse un de ces quatre matins sonner le réveil de la réalité pour que s’éveille une conscience nouvelle du monde et de l’art.
Le 19 octobre 2007, Rémy Bazzali
par l'Oreille & l'Art Dit
publié dans :
les digressions du president
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Pour vous les filles,
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